Myanmar (Birmanie)
En 2024, malgré des attaques directes contre ses structures et de lourdes restrictions de mouvement imposées aux équipes, Médecins Sans Frontières (MSF) a continué d’apporter une aide médicale essentielle aux populations touchées par la violence généralisée et les phénomènes météorologiques extrêmes au Myanmar.
Les inondations liées à la mousson et au typhon Yagi ont déplacé plus de 3,5 millions de personnes au cours de l’année, aggravant encore une situation humanitaire déjà dramatique depuis la prise de pouvoir de l’armée en 2021.
Activités gravement perturbées dans plusieurs États
En juin, l’intensification des combats entre les forces armées et divers groupes ethniques et de résistance a fortement affecté les activités de MSF dans les États d’Arakan, de Shan et de Kachin.
Dans le nord de l’État d’Arakan, MSF a été contrainte de suspendre les activités de 14 cliniques à Rathedaung, Buthidaung et Maungdaw. Cette décision faisait suite à la destruction de notre bureau et de notre pharmacie à Buthidaung en avril, lors de violences extrêmes. Pour de nombreuses communautés locales, ces cliniques représentaient le seul accès possible aux soins de santé.
Dans l’est de l’Arakan, les autorités ont refusé de délivrer les autorisations de circulation nécessaires aux activités mobiles. MSF a dû adapter son approche en proposant notamment des téléconsultations et des consultations en cabinet.
Reprise partielle des soins dans l’État de Shan
À Lashio et Muse, dans le nord de l’État de Shan, les combats ont entraîné la suspension des activités de santé sexuelle et reproductive ainsi que des soins pédiatriques. Les activités ont pu reprendre à Muse en octobre, après plusieurs mois d’interruption.
Maintenir l’accès aux soins essentiels à Kachin
Dans l’État de Kachin, l’escalade de la violence a forcé MSF à suspendre ses activités à Bhamo. Toutefois, nos équipes ont continué de répondre aux besoins médicaux critiques à Myitkyina, Hpakant, Mogaung et Mohnyin, en soutenant les programmes nationaux de lutte contre le VIH et la tuberculose.
Nous y avons également assuré des soins aux personnes survivantes de violences sexuelles et fondées sur le genre, des services de santé sexuelle et reproductive pour les femmes enceintes et allaitantes, ainsi que des soins généraux pour les enfants de moins de cinq ans.
Renforcer la prise en charge des maladies chroniques
À Yangon, MSF a poursuivi son soutien à l’hôpital Aung San, spécialisé dans la prise en charge de la tuberculose. En 2024, nous y avons également commencé à proposer le dépistage et le traitement de l’hépatite C, ainsi que des vaccinations contre l’hépatite B.
Dans la région de Tanintharyi, en plus des soins liés au VIH, nos équipes ont fourni des soins pour des maladies non transmissibles telles que le diabète, ainsi que des services de santé sexuelle et reproductive. Ces activités ont été étendues en 2024 à Kawthaung, le district le plus méridional du pays.