Les patients soudanais sont toujours là. Les centres de santé dont ils ont besoin disparaissent.
De nombreuses personnes dans le monde sont encore confrontées à l'insécurité alimentaire et à la malnutrition. En 2024, on estimait à environ 735 millions le nombre de personnes sous-alimentées, soit une forte augmentation par rapport à la période pré-pandémique. Cela représente environ 150 millions de personnes de plus qu'en 2019. On estime qu'environ 148 millions d'enfants souffrent de malnutrition chronique dans le monde.
La malnutrition, souvent liée à une alimentation trop pauvre ou peu variée, affecte le système immunitaire, rendant le patient plus vulnérable à toutes sortes de maladies.
Elle est particulièrement dangereuse pour les jeunes enfants et peut être mortelle si elle est associée à des maladies comme la rougeole, le paludisme ou la diarrhée.
Il existe une norme internationale pour mesurer la malnutrition : l'IPC - Integrated Food Security Phase Classification.
Lorsque la phase 5, la plus grave, est atteinte, on parle de famine : manque total d'accès à la nourriture et aux autres besoins de base, au moins 2 personnes sur 10 000 meurent chaque jour de faim ou de maladie, plus d'un tiers de la population souffre de malnutrition aiguë.
La situation alimentaire des populations s'est fortement détériorée dans de nombreux pays, particulièrement dans les pays du Sahel comme le Mali, le Burkina Faso, le Nigeria, le Tchad, le Sud-Soudan, la Somalie et l'Éthiopie. Dans les pays où la malnutrition est répandue, nos équipes ont intégré les soins nutritionnels en plus des soins (pédiatriques) que nous fournissions déjà. Nous procurons aussi cette assistance dans des pays tels que la République Démocratique du Congo, la République centrafricaine, le Niger, la Sierra Leone, le Yémen, l’Afghanistan et la Syrie.
MSF prend en charge les formes modérées et sévères, y compris les cas critiques admis dans nos centres nutritionnels pédiatriques ou dans nos unités de soins intensifs.
Les crises alimentaires actuelles ont plusieurs causes, qui varient selon les pays. Néanmoins, depuis environs 5 ans, certains facteurs sont (ou ont été) particulièrement déterminants :
Ces facteurs représentent ce que l’on nomme aujourd’hui « Les trois C ». Si les conflits et la COVID-19 ont surtout aggravé l’insécurité, l’incertitude économique et réduit le pouvoir d’achat, le changement climatique a provoqué, entre autres, de mauvaises récoltes et des récoltes incertaines/instables. À cela s’ajoutent la flambée des prix des denrées alimentaires et la baisse de l’aide alimentaire internationale. De nombreuses personnes ne peuvent tout simplement plus acheter assez de nourriture ni même la produire elles-mêmes.