La vie après la torture : "Parler de nos expériences nous rend humains".
Pablo, Carolina et Fabiola nous racontent leurs terribles épreuves, leurs expériences à El CAI mais aussi leurs espoirs pour l'avenir.
Pablo : "Je me distrais en peignant dans El CAI."
« Ils ont tué six membres de ma famille. Je ne sais rien de ma fille et de ses deux fils. Ma vie n'a été qu'un enchaînement de malheurs. Quand je me suis échappé, cinq hommes qui ressemblaient à des policiers m'ont fait descendre du bus et m'ont violé. Ils m'ont dit de leur payer 500 quetzals (environ 60 euros). Je les ai payés, mais ils m'ont quand même violé. Ils ont fait ce qu'ils voulaient de moi. Ensuite, j'ai marché longtemps, j'ai pris un bateau et je suis finalement arrivé à Ciudad Hidalgo au Mexique. J'ai pris une moto qui m'a déposé à Tapachula, où j'ai dormi dans une cage pendant des mois.
Je suis allé à la COMAR (Commission mexicaine d'aide aux réfugiés) pour entamer mes démarches car je ne me sentais pas en sécurité à Tapachula. Je sentais que ceux qui avaient tué ma famille étaient toujours après moi. De COMAR, j'ai été envoyé dans un refuge où je me sentais un peu plus en sécurité. J'avais un toit au-dessus de ma tête, un endroit pour me laver et un repas quotidien. Puis ils m'ont emmené à El CAI. Pour l'instant, je veux finir mon traitement. Je suis dans un programme de réinstallation et je fais de l'artisanat. J'aime beaucoup peindre et je participe à tous les ateliers qu'ils proposent. Ça m'aide et j'aime ça. Cela m'aide à me distraire et à ne pas trop penser à tout ce que j'ai vécu. »