La mortalité maternelle n’est pas le fruit du hasard, mais une question d’accès aux soins
Chaque minute, quelque part dans le monde, une femme ou une jeune fille subit un avortement non sécurisé. Cet avortement non sécurisé peut avoir des conséquences terribles pour sa santé voire même lui coûter la vie. L'avortement non sécurisé est l'une des principales causes de mortalité maternelle dans le monde et la seule qui soit presque entièrement évitable.
Chiffres clés :
Partout dans le monde, des femmes de tous âges, de toutes origines ethniques, de toutes nationalités et de toutes religions ont recours à l'avortement.
On estime qu'une femme sur trois aura recours à l'avortement à un moment ou à un autre de sa vie.
Pourtant, une forte stigmatisation persiste, qui oblige les femmes à souffrir en silence. Lorsque les soins d’avortement sécurisé sont inaccessibles, de nombreuses femmes et filles se tournent vers des méthodes dangereuses, sans se soucier de la sécurité ni des restrictions légales.
Chaque jour, nos équipes à travers le monde sont témoins des décès et des souffrances causés par les grossesses non désirées et les avortements dangereux. Les conséquences d’un avortement non sécurisé peuvent être des saignements importants, une infection, des lésions de l’appareil génital ou dans le pire des cas, la mort. Pour réduire ces souffrances et ces décès évitables, MSF s’engage à fournir des soins d’avortement sécurisé. Chaque avortement sécurisé pratiqué représente une vie sauvée et un drame évité.
MSF considère l'accès à des soins d'avortement sécurisé comme un élément essentiel des soins de santé reproductive afin de réduire la mortalité maternelle et la souffrance.
Les projets de MSF accueillent souvent des patientes souffrant des effets graves, voire mortels, d'un avortement non sécurisé. Nous avons intensifié nos efforts pour aider les femmes à accéder à des soins d'avortement sécurisé et trouver des moyens de les fournir au sein de nos projets.
L’avortement sécurisé médicalisé est pratiquée de deux manières : par la pilule abortive ou par aspiration chirurgicale (ou aspiration intra-utérine).
L'avortement est l'interruption d'une grossesse. Il peut être spontané, également appelé fausse couche, ou résulter d'une intervention délibérée.
L'avortement est très fréquent : trois grossesses sur dix dans le monde se terminent par un avortement. Il y a de fortes chances qu'une personne de votre entourage ait déjà avorté.
Selon l'OMS, un avortement est dangereux si la personne qui le pratique ne dispose pas des compétences nécessaires ou si l'avortement a lieu dans un environnement qui ne répond pas aux normes médicales minimales.
Nous avons observé différentes pratiques dangereuses d’avortements à risque dans le cadre de nos projets : ingestion de remèdes traditionnels ou de substances toxiques telles que l'eau de Javel, l'acide de batterie ou le chlore, administration incorrecte de médicaments sans assistance appropriée, traumatismes répétés à l'abdomen, insertion d'objets pointus ou d'aiguilles dans le corps.
Les complications d'un avortement dangereux comprennent des saignements importants, des infections et des lésions des voies génitales ou des organes internes.
Un avortement dangereux peut également avoir des conséquences à long terme sur la santé, telles que l'infertilité et des douleurs chroniques.
Au moins 22 000 personnes meurent chaque année des complications d'un avortement dangereux.
Toute personne ayant une grossesse non désirée et n'ayant pas accès à des services d'avortement sécurisé est exposée au risque de blessures ou de décès suite à un avortement dangereux.
Les obstacles à l'avortement sécurisé comprennent le coût élevé, les restrictions légales, la stigmatisation et le manque de prestataires formés ou disposés à pratiquer l'avortement.
Les femmes pauvres et les femmes vivant dans des régions reculées sont disproportionnellement privées de services d'avortement sécurisé. La grande majorité (97%) des avortements non sécurisés ont lieu dans des pays à revenus faibles ou intermédiaires d'Amérique latine, d'Afrique et d'Asie.
Les femmes et les filles prises au piège de la guerre, des crises et des conflits sont souvent confrontées à des obstacles supplémentaires pour accéder à des soins d'avortement sécurisé.
En mettant en place des programmes complets de santé reproductive, comprenant l'éducation sexuelle, les services de contraception, les soins d'avortement sans risque et les soins post-avortement.
Un avortement est considéré comme sûr si :
Parmi les méthodes d'avortement sûres et fondées sur des données probantes, on peut citer :
Dans le cadre d'un avortement médicamenteux, une femme prend des médicaments qui provoquent la contraction de l'utérus et l'expulsion du fœtus, comme lors d'une fausse couche.
L'avortement médicamenteux est efficace à plus de 95 % et extrêmement sûr, avec moins de 1 % de risque de complications graves pouvant mettre la vie en danger.
Le risque de décès suite à un avortement sécurisé est plus faible que celui lié à une injection de pénicilline ou à une extraction dentaire.
L'avortement médicamenteux peut être pratiqué en toute sécurité dans des milieux défavorisés, même ceux qui ne disposent pas d'échographie ou de tests de laboratoire.
Un avortement médicamenteux sécurisé ne nécessite que trois choses : des informations précises, des médicaments de qualité et le respect et la confiance mutuels. C'est pourquoi l'avortement médicamenteux a permis à des millions de femmes et de filles à travers le monde, en particulier dans les zones de conflit et de crise, d'avoir accès à des soins d'avortement sécurisé.
Pour réduire la mortalité maternelle et les souffrances liées aux grossesses non désirées et aux avortements non sécurisés, MSF fournit un ensemble complet de services de santé reproductive incluant la contraception, des soins d'avortement sécurisé et des soins post-avortement.
MSF partage des informations factuelles et fondées sur des preuves concernant l'avortement afin de briser la stigmatisation qui l'entoure et de dissiper les mythes et les idées fausses.
MSF s'exprime également sur la nécessité médicale de disposer de soins d'avortement sûrs et vitaux. Nous partageons les témoignages de patientes qui n'ont pas accès aux soins, ainsi que ceux de médecins et d'infirmières qui constatent chaque jour les effets dévastateurs des avortements pratiqués dans des conditions dangereuses.
Nous dénonçons également les politiques gouvernementales néfastes, telles que la Global Gag Rule, qui a récemment été abrogée. Bien qu'il s'agisse d'une première étape importante, de nombreux autres obstacles doivent encore être surmontés pour garantir à toutes les personnes l'accès à ces soins.
Enfin, nous menons des recherches sur la gravité et le traitement des complications liées aux avortements non sécurisés dans les zones touchées par des conflits.
MSF s'est associé à l'Institut Guttmacher, à Ipas et aux ministères de la Santé de trois pays - République démocratique du Congo, République centrafricaine et Nigeria - pour mener une étude de trois ans visant à évaluer la fréquence et la gravité des complications liées à l'avortement ainsi que la qualité des soins liés à l'avortement.