Update 13 mars - Au cours des derniers jours, le Liban a connu une forte escalade de violence, que beaucoup de personnes — y compris notre personnel — décrivent comme une nouvelle phase de souffrance alors que, dans les faits, celle-ci n’a jamais réellement cessé depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu il y a 15 mois.
Selon les autorités libanaises, au 12 mars, plus de 687 personnes ont été tuées et près de 1 780 blessées à la suite des bombardements israéliens continus. Ce chiffre s’ajoute aux 370 personnes tuées par Israël depuis le « cessez-le-feu » de novembre 2024.
Cette récente escalade s’inscrit dans un schéma continu d’attaques. Le cessez-le-feu de novembre 2024 n’a jamais apporté de réelle sécurité aux habitants du Liban, les frappes israéliennes ayant continué quotidiennement. Des milliers de familles étaient déjà déplacées, et les nouvelles frappes accompagnées d’ordres d’évacuation massifs obligent encore davantage de personnes à fuir, souvent sans endroit sûr où aller.
Aujourd’hui, environ 14 % du territoire libanais est soumis à des ordres d’évacuation.
- Le 3 mars, l’armée israélienne a ordonné l’évacuation de plus de 150 villages au sud du fleuve Litani (environ 8 % du territoire).
- Le 5 mars, ces ordres ont été étendus à la banlieue sud de Beyrouth, où vivent plus d’un million de personnes.
- Dans la nuit du 5 au 6 mars, de nouveaux ordres ont été émis pour plusieurs localités de la vallée de la Bekaa.
- Le 12 mars, Israël a élargi la zone d’évacuation jusqu’au fleuve Zahrani, couvrant ainsi 14 % du pays.
Ces ordres généralisés déracinent des communautés entières et soulèvent de graves préoccupations quant à d’éventuelles violations du droit international humanitaire.
Pour de nombreuses personnes — en particulier dans le sud du Liban — ces ordres d’évacuation ravivent le traumatisme des déplacements antérieurs. Certaines familles, qui commençaient à peine à se reconstruire, ont de nouveau dû abandonner leur maison. Beaucoup étaient déjà déplacées depuis les escalades de 2023 et 2024. Certaines sont restées bloquées sur les routes avec des enfants, des personnes âgées ou malades, dans des conditions extrêmement difficiles.
Nos équipes sont témoins de ces situations. Plusieurs de nos collègues libanais ont eux-mêmes dû fuir vers des zones plus sûres ou se sont retrouvés bloqués.
Les hôpitaux reçoivent un grand nombre de blessés et les besoins humanitaires augmentent rapidement. Nos équipes déploient des cliniques mobiles et soutiennent les établissements de santé. Mais les civils, les infrastructures de santé et les soignants doivent être protégés, et les populations doivent avoir un accès immédiat à la sécurité et aux soins.