Avec l'énorme augmentation de l'accès aux antirétroviraux dans le monde et la transformation du VIH en une maladie chronique traitable, beaucoup pensaient que le sida allait disparaître. Pourtant, près d’un tiers des patients sont encore diagnostiqués à un stade avancé de la maladie.
De plus, de nombreuses personnes sous traitement ont du mal à prendre leur dose quotidienne et arrêtent leur traitement. Pour d'autres, le traitement cesse d'être efficace.
À l'hôpital MSF de Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC), plus de 70% des personnes atteintes du SIDA admises à l'hôpital ont déjà pris des ARV. Parmi celles-ci, plus de 25 % sont arrivées trop tard à l’hôpital pour être sauvées.
Dans des pays comme la RDC, le VIH est très stigmatisé et les personnes cachent leur statut. Le coût des soins et des médicaments est un autre facteur important qui explique que les personnes atteignent des stades très avancés de la maladie et tardent à se faire soigner.
En République centrafricaine (RCA), deux tiers des personnes vivant avec le VIH sont diagnostiqués à un stade avancé avant de commencer un traitement. À Bangui, capitale de la République centrafricaine, certaines personnes vivant avec le VIH ont déclaré devoir payer 2,70 dollars américains pour un test de dépistage et 9 dollars pour un mois de traitement antirétroviral, ce qui représente une fortune pour la plupart d'entre elles. En conséquence, beaucoup renoncent au dépistage et au traitement, faute de moyens.